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Le Qi Gong, un remède mental et physique

La gymnastique chinoise, le Qi Gong, est basé sur le mouvement sans effort musculaire, sans accélération du cœur et de la respiration. Au contraire, la respiration se ralentit.

On découvre que les adeptes de la gymnastique orientale vivent vieux et peuvent atteindre un âge très avancé en restant souples et en parfaite santé.

Pourquoi le Qi Gong ?

Le Qi Gong est utile à tous les âges :

  • Chez l’enfant, le Qi Gong va surtout développer le schéma corporel, c’est-à-dire une meilleure connaissance de son corps dans l’espace. Le Qi Gong à petites doses, en fonction de la patience et de la possibilité de l’enfant, lui permettra de fortifier son attention et de s’initier à la connaissance intérieure de son corps, par les sensations et non par le seul savoir.
  • Chez les adolescents et les sportifs, le Qi Gong renforce la capacité d’endurance, tonifie les structures ostéo-articulaires, donne de la puissance dans l’effort musculaire intense et bref. En outre, il fortifie la capacité de concentration et sert à visualiser le geste parfait ou le geste performant chez l’athlète.
  • Chez l’adulte sédentaire, le Qi Gong réassouplit en douceur les articulations, fait circuler l’énergie (le Qi) sans avoir besoin de transpirer ou de se fatiguer, et par conséquent améliore la santé.
  • Chez les personnes d’âge mûr dont les capacités physiques commencent à diminuer, quand l’endurance n’est plus ce qu’elle était, ou bien même chez les personnes réellement âgées, le Qi Gong est également très favorable. (Amélioration de l’ankylose et du raidissement, des rhumatismes, du système cardio-vasculaire défaillant, de la respiration faible avec emphysème, bronchite chronique et angine de poitrine)
  • Chez les personnes malades, le Qi Gong aide à retrouver l’énergie vitale qui est usée, consommée pour lutter contre la maladie, ou réparer ses dégâts. Il est prouvé scientifiquement que le Qi Gong stimule l’immunité et favorise la réparation des tissus enflammés ou en dégénérescence. Le Qi Gong calme les nerfs, relaxe et traite l’angoisse, l’insomnie et la dépression.
  • Chez l’adulte épanoui, sportif ou non, chez l’artiste, l’intellectuel ou le chercheur de vérité, le Qi Gong augmente la réalisation, la révélation des potentialités personnelles. (Nouvelle profondeur de l’œuvre chez le peintre, nouvelle lumière de la grâce dans le geste du danseur, pureté de la voix chez le chanteur, nouveau chemin chez le chercheur).

Vivre vieux, ce n’est peut-être pas réellement l’enjeu, mais vivre le plus longtemps possible dans la meilleure forme extérieure physique et intérieure, psychique, émotionnelle et spirituelle, ça c’est un défi qui vaut la peine d’être relevé.

Exercices dans un parc
Exercices dans un parc

L’origine du Qi Gong (Chi Kung)

Dans son livre « A la Découverte du Qi Gong » Yves RÉQUÉNA écrit :

« En chinois, Qi Gong signifie « maîtrise de l’énergie », « discipline de l’énergie ». On l’appelle aujourd’hui « gymnastique chinoise de l’énergie », mais en réalité cette gymnastique est faite de mouvements effectués au ralenti. Il n’y a d’ailleurs pas seulement des mouvements, le Qi Gong incluant des positions du corps debout, immobile, ou encore des positions assises pour des exercices de concentration et de visualisation.

L’origine du Qi Gong se perd dans la nuit des temps, en Chine, le pays du Milieu, il y a quelque cinq mille ans ou plus.

A l’aube de l’humanité, beaucoup de civilisations ont reçu ou développé des techniques corporelles spéciales. L’Islam, les Incas, les Égyptiens, l’Inde et la Chine ont élaboré des exercices qui d’ailleurs, d’une civilisation à l’autre présentent certaines ressemblances.

Il faut imaginer à ces époques reculées l’homme vivant dans la nature, faisant un avec elle au point de pouvoir communiquer avec ses éléments, l’eau, le feu, la montagne, la rivière, le soleil, la lune, les étoiles, les arbres. Pour nous civilisés et citadins, il est difficile de concevoir à quel point nous avons perdu ce lien avec la nature. Quand nous nous échappons parfois de la ville et que nous partons en promenade dans une forêt, c’est comme une euphorie naturelle qui nous envahit. Nous retrouvons avec une immense joie cette sensation familière à l’homme d’être dans son environnement. Et nous réalisons à quel point nous l’avions perdue.

Reportons-nous maintenant, il y a cinq mille ans, et imaginons encore ce que pouvait être le pouvoir de l’homme naissant, vivant et mourant dans la nature. Si vous avez eu des expériences, des rencontres, comme c’est mon cas, avec des shamans dans les forêts de l’Amazonie ou dans le désert du Sahara ou dans les montagnes d’Asie, vous pouvez plus facilement imaginer cet état de grâce de l’homme naturel. De ce pouvoir et de cette sagesse naturelle, de cet instinct pur à l’état sauvage, dans cette condition pure et non polluée du corps et de l’esprit, est né le Qi Gong.

Que peut donc nous apporter le Qi Gong aujourd’hui ?

Le Qi Gong procure une détente du corps, parce que les mouvements sont lents, détendus et souples. Cette détente s’approfondit par la respiration qui se ralentit. Dans cet état, nous allons trouver l’occasion de ressentir l’intérieur du corps et de nous brancher avec l’extérieur, avec la nature.

En s’exerçant régulièrement, cette capacité de ressentir les êtres, le monde et l’énergie de l’univers ira en s’amplifiant.

Par la pratique régulière du Qi Gong, nous pouvons développer une perception subtile de l’environnement, trouver cette possibilité endormie au fond de nous de ressentir la nature, les étoiles, le soleil, la terre et le ciel, et de se nourrir de leur énergie.

Le Qi Gong s’appuie sur les connaissances de l’homme et de la nature à partir de la sagesse taoïste.  

Dans cette philosophie, la Nature est vue dans une grande perfection mettant en action des forces opposées et complémentaires comme le Yin et le Yang.

L’homme est fait à son image et contient lui aussi des aspects Yin et Yang. Il vit entre la Terre qui est Yin et le Ciel qui est Yang.

Le Yin et le Yang

On attribue les connaissances de la Chine ancienne au développement du Taoïsme : la philosophie, la spiritualité, puis plus tard la religion issue de la Chine antique, mais aussi la grande médecine traditionnelle et l’acupuncture.

Les Taoïstes considèrent que l’univers émerge du vide, du néant initial, grâce à un principe dynamique appelé le Tai Ji dans lequel, le Yin et le Yang, sont deux forces primaires qui alternent de façon complémentaire et opposée.

Dans le domaine de la réalité du monde de l’univers, le Yin et le Yang servent de symboles, de points de repère pour classer les phénomènes observés.

Tout ce qui est manifesté répond à cette polarisation. Il n’y a pas d’exception.

Ainsi le corps humain répond à cette classification. Le haut du corps, la tête est Yang, les pieds sont Yin. Le haut du tronc, la poitrine sont Yang, le bas du tronc, le bas ventre sous le nombril sont Yin. Le côté gauche du corps est Yang, le côté droit est Yin. La partie antérieure du corps est Yin parce que dans la position du fœtus cette partie est recroquevillée, protégée, intérieure, tandis que le dos est Yang car découvert et extérieur. Le corps humain contient des organes en haut, au milieu et en bas ; il contient aussi des entrailles ou viscères creux de transit pour la nourriture ou des matières.

Les organes sont Yin, les entrailles sont Yang. Mais parmi les organes, le cœur qui est en haut est plus Yang, les reins qui sont en bas, plus Yin.

Les sexes sont aussi polarisés. Le féminin est Yin, le masculin est Yang. En résumé, l’homme est donc Yang de polarité dominante et la femme Yin. Mais chacun à l’intérieur de son propre corps est en équilibre.

Car dans la conception chinoise de la santé, le Yin et le Yang du corps doivent être en équilibre, en égale quantité, sinon c’est la maladie. Et si la totalité du Yin ou la totalité du Yang disparaît, c’est la mort.

Pour relativiser encore le discours chinois, il conviendra de dire que parmi les hommes, il y en a qui manifestent une énergie très Yin, et parmi les femmes certaines sont très Yang.

Dans le corps, l’énergie Yang est celle qui stimule les fonctions, accélère le cœur, les métabolismes, la température et tous les rythmes. L’énergie Yin est celle qui se manifeste par une modération ou un frein du cœur, des métabolismes, de la température, etc. On pourrait parler aussi d’équilibre entre l’anabolisme et le catabolisme, entre le sympathique et le parasympathique.

Donc, de façon globale, le Yin et le Yang doivent être équilibrés. Mais il existe, d’une façon un peu complexe, un Yin et un Yang de chaque organe ; le Yin et le Yang du cœur, le Yin et le Yang du foie, du rein, etc. Autrement dit, l’équation d’équilibre entre le Yin et le Yang du corps n’est pas simplement une juste répartition de la circulation de l’énergie entre le haut et le bas, l’intérieur et l’extérieur, la gauche et la droite, l’avant et l’arrière, mais un ensemble plus complexe de facteurs dans lesquels entrent en jeu tous les organes et toutes les entrailles dans la polarité personnelle à chacun Yin et Yang.

Tout l’art du Qi Gong va consister à respecter cette polarité du corps en Yin et en Yang qui répond à la polarité de la nature elle-même.

Par exemple : si le cœur est Yang et le soleil également Yang, en captant l’énergie Yang du soleil et en la transmettant à l’organe, on fortifiera la partie Yang du cœur qui lui-même est l’organe le plus Yang, et au-delà, tout le Yang de l’organisme. Il existe un exercice taoïste nommé « la tortue se nourrit de l’énergie Yang » qui permet de réaliser cet objectif.

D’une manière générale : si le haut du corps est Yang, et le bas, Yin ; si le côté gauche est Yang, et le droit, Yin ; si le devant est Yin et l’arrière Yang, en exécutant certains mouvements de Qi Gong avec une certaine concentration, et aussi par le déplacement du corps en changeant de direction dans l’espace en passant du sud qui est Yang au nord qui est Yin, en passant par l’est et l’ouest qui sont intermédiaires, on va pouvoir répartir harmonieusement l’énergie dans toutes les parties du corps, et par conséquent, harmoniser en soi le Yin et le Yang. »

Par la suite Yves Réquéna explique les correspondances des 5 éléments chinois (Bois, Feu, Terre, Métal, Eau) en relation avec notre corps. Puis il démontre la corrélation des méridiens utilisés dans l’acupuncture et dans les exercices du Qi Gong. Il décrit ensuite que le Yin et le Yang dans le corps ont une origine commune, une énergie globale qu’on nomme énergie vitale (Jing en Chinois). Yves Réquéna nous apprend comment renforcer notre énergie vitale et il nous explique aussi comment on perd son énergie vitale. Cette énergie vitale se trouve localisée, stockée, emmagasinée dans les reins, dans l’espace entre les reins appelé MING MEN, qui est un point d’acupuncture. En Qi gong, on peut renforcer le Jing en se concentrant sur le DAN TIAN, lieu où le Jing se rassemble pour y être cultivé. C’est une zone située au-dessous du nombril, à 1/3 de la distance nombril-pubis, à l’intérieur du ventre ; il correspond au centre de gravité. Cette zone est appelée HARA en japonais. Elle joue un grand rôle dans les Arts Martiaux pour développer le Ki, c’est à dire le Qi, l’énergie, la force vitale.

La respiration est le deuxième pouvoir du Qi Gong. Pourtant elle doit être naturelle, tout ce qu’il ya de plus naturelle. Il n’est jamais recommandé de forcer. L’inspir est Yang, l’expir est Yin.

La concentration est le troisième pouvoir du Qi Gong. C’est le travail du mental. Tout d’abord calmer le mental. Ceci n’est pas facile pour personne, mais le Qi Gong grâce à différents exercices énergétiques facilite la tranquillité de l’esprit.

Les automassages jouent un rôle important dans les séances de Qi Gong.

En résumé, la circulation du Qi à travers les méridiens forme un circuit d’énergie vitale qui nourrit tout l’organisme. Si l’énergie est bloquée quelque part, cela aura des répercussions sur tout le processus vital.

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