La voix d’une personne peut donner des informations sur son état de santé. Sur la base de quelques indices, le cerveau analyse la situation et envoie des signaux. Des recherches sont en cours pour développer des outils d’aide au diagnostic.

La voix, un marqueur de l’état de santé

Rien qu’au timbre de la voix d’une personne, il est possible de déceler les troubles de santé. Même quand l’intéressé affirme qu’il va bien, on arrive toujours à sentir qu’il cache un mal-être qui peut parfois être profond. Il n’y a pas que ce que la personne dit que le cerveau analyse. Il tient compte aussi d’autres indices qui échappent à la raison.

De nombreuses maladies et des troubles affectent sérieusement les neurones du patient. Ils arrivent parfois à perturber la manière dont il s’exprime. Au-delà du contenu, le cerveau perçoit également l’intonation sous forme de non-dit. Selon le débit de la personne ou son articulation, son cerveau va étudier de nombreuses informations. Ces marqueurs vocaux sont divisés en deux groupes :

  • Les paramètres acoustiques qui mesurent la qualité de la voix (fréquence, variation ou monotonie, énergie, nasillement, amplitude, voix grave, aiguë, douce ou forte).
  • Les paramètres prosodiques comme le débit, les temps de pause ou la manière de tirer sur les voyelles surtout. Votre cerveau va analyser pour voir si les voyelles sont plus allongées ou s’il y a altération des syllabes. Le rythme de la parole est également pris en compte ainsi que la prononciation.

Des études menées sur la dépression, par exemple, ont mis en lumière certaines caractéristiques de la voix d’une personne déprimée. Cette dernière a un temps de pause plus prolongé et parle d’une voix plus douce. Son débit est très lent avec une voix à peine audible.

C’est d’ailleurs le cas de toutes les maladies du cerveau. Elles ont toutes une signature vocale. Ce qui a conduit un chercheur du MIT à développer un logiciel qui permet de détecter ces signaux. L’application permettra de diagnostiquer précocement la maladie grâce aux marqueurs. Ce qui permettra une rapide prise en charge.

En effet, un diagnostic tardif des maladies neurodégénératives peut provoquer des complications dans la prise en charge. D’autres logiciels sont déjà utilisés et ont montré leur efficacité, en permettant de diagnostiquer le Parkinson et l’Alzheimer à un stade précoce.

Lors du confinement, d’autres applications avaient également fait leurs preuves dans le suivi du sommeil. Une autre permet de suivre la somnolence du patient à distance.