Les députés ont récemment voté un amendement d’un projet de loi de la santé. Selon les nouvelles dispositions, les pharmaciens pourront désormais prescrire les médicaments vendus sur ordonnance et qui concernent les maladies bénignes.

Les pharmaciens autorisés à délivrer des ordonnances

Les médicaments concernés par cette prescription sont ceux traitant les pathologies bénignes. Selon l’ordre des pharmaciens, il s’agit des maladies aiguës du quotidien telles que la cystite, l’angine ou la conjonctivite

Cette proposition de loi qui fut adoptée par les députés est relative à l’examen du projet de loi concernant l’organisation et la transformation du système de santé.

Au préalable, les pharmaciens devraient suivre une formation ad’hoc. Ils doivent également avoir un lien avec le médecin traitant. Les prescriptions se feront sous la coordination des médecins. Pour le moment, les médicaments et les dispositifs de formation ne sont pas encore communiqués, mais la loi suscite déjà des remous. Certains sont pour, tandis que d’autres s’opposent à la disposition.

Les pharmaciens sont les premiers à se réjouir de cette loi qui élargit leur champ de compétences et améliore leur accès aux soins. Cette initiative est également une solution pour remédier aux problèmes d’indisponibilité des médecins. La loi étend, par ailleurs, leurs compétences sur les vaccinations.

Si les patients ne peuvent pas trouver de médecin à consulter dans un temps raisonnable, ils pourront s’orienter vers le pharmacien qui sera habilité à l’examiner et lui recommander des médicaments.

Par contre, au sein du corps médical, cette loi ne fait pas l’unanimité. Le syndicat des médecins dénonce surtout les risques d’erreur qui peuvent survenir dans les prescriptions par manque de bilan complet. Selon le syndicat, les pharmaciens, sous prétexte d’aider les patients, pourront délivrer des médicaments sans procéder à un examen clinique du patient ni diagnostic.

La délivrance se fera aussi sans aucune maîtrise du dossier médical du patient. La colère des médecins n’est pas loin d’être apaisée, car les amendements élargissent également les prérogatives des sages-femmes.

Toutefois, les députés précisent qu’il n’est pas question de donner le droit absolu de prescription aux pharmaciens. Le but de la loi est de leur permettre de délivrer des médicaments en suivant un protocole instauré par la Haute autorité de santé. Les pharmaciens ne sauraient, en aucun cas, se substituer aux médecins. Ils interviennent seulement en cas d’urgence.

Face aux difficultés d’accès à certains praticiens et à la désertification des médecins dans certaines zones, cette solution pourrait résoudre un bon nombre de problèmes.